ven.
25
nov.
2011
François Bayrou veut incarner la cohérence face au "désordre", la constance face à l'agitation et au "brouillage perpétuel" des partis politiques. Sobriété sur la forme, persévérance sur le fond. Problème : les intentions de vote en sa faveur ne bougent pas ou peu pour l'heure. Depuis début octobre, le patron du MoDem navigue entre 6 et 8 %, avec même une chute à 5,5 %. Pourtant, vers la fin de l'été, on aurait pu s'attendre à un "moment Bayrou". Mais ni le succès de son livre, 2012, État d'urgence, ni la crise de la dette, sur laquelle il faisait déjà campagne en 2007, ni même le retrait de Jean-Louis Borloo ne lui ont, de ce point de vue, profité.
Pas question pour autant de se laisser imposer son calendrier de campagne. Le troisième homme de 2007 - qui se plaît à répéter, en homme d'expérience, qu'une campagne présidentielle vous fait l'effet d'un "karcher" - fera sa déclaration officielle de candidature entre le 5 et le 8 décembre, sans doute à Paris. Difficile de trouver un autre créneau, à vrai dire : "On n'allait pas le faire quand Hollande était en état de grâce, pas plus que pendant la séquence sarkozyste qui a suivi", explique un conseiller. Et d'ajouter, un poil moqueur : "Alors, là, on laisse passer Morin (le président du Nouveau Centre doit annoncer sa candidature ce week-end, NDLR) et le Téléthon... et on y va."
Et comme François Bayrou sait mieux que personne qu'une déclaration de candidature doit prendre "la bonne vague", pour se donner de l'élan, il annoncera dans la foulée son "agenda 2012-2020" : une série de réformes présentées semestre par semestre. La forme est inspirée librement de l'agenda 2010 qu'avait proposé l'ex-chancelier allemand, Gerhard Schröder. Autant dire que l'annonce devrait être sérieuse, crise oblige. D'autant que le Béarnais n'a jamais entretenu le moindre suspense sur sa détermination à être candidat...
Côté médiatique, après sa prestation remarquée, jeudi soir, dans Parole directe, sur TF1, le patron du MoDem doit participer à l'émission Des paroles et des actes, sur France 2, le 8 décembre au soir. D'ici là, il devrait avoir donné du grain à moudre aux observateurs, avec quelques propositions inédites, affirme son équipe. Objectif : atteindre un score à deux chiffres, d'ici janvier. Des déplacements à l'étranger sont aussi prévus : l'Allemagne, bien sûr, et puis peut-être la Chine, tout aussi incontournable.
S'il n'oublie pas de jouer une carte plus personnelle - un déplacement sera organisé rapidement sur ses terres béarnaises -, Bayrou se veut toujours le candidat de l'anti-bling-bling. Alors, comme en 2007, il ne faudra pas compter sur des pin's à son effigie et autres tongs. Son équipe se charge tout de même de lui préparer un site de campagne, qui sera en ligne dès l'annonce de candidature. On cogite également sur des affiches, un slogan - autre que le fameux "Produire et instruire", qui a accompagné la sortie de son livre, cet été -, et sur une couleur : "Ce sera orange, bien sûr, mais vif, pas celui du MoDem, associé sans doute à une autre couleur." Car Bayrou l'a toujours dit : il n'est pas le candidat d'un parti.
En attendant, le Béarnais, qui sait bien que les voix du centre pourraient faire la différence au deuxième tour de la présidentielle, continue de jouer les futurs "faiseurs de roi". Un jour il met la pression sur Hollande, en jugeant le programme socialiste "insoutenable", le lendemain il s'oppose catégoriquement à Nicolas Sarkozy sur le droit de vote des étrangers. Voilà pour la forme.
En coulisse, le patron du MoDem continue à dialoguer avec les deux clans. La semaine dernière, il a par exemple annulé précipitamment un rendez-vous avec le très sarkozyste patron des députés du Nouveau Centre, Yvan Lachaud, de peur que la presse ne s'en fasse l'écho. "Rien à signaler", commente-t-on au parti, "François discute avec tout le monde." Certains murmurent que Lachaud, un modéré, à la fois proche de Morin et de Sarkozy, pourrait jouer un rôle dans le "dialogue à distance" entre le président de la République et le patron du MoDem. Alors au Congrès des maires, à Paris, mercredi, François Bayrou a clamé haut et fort qu'il continuait à "viser le second tour". Pas question d'avoir l'air, à l'instar d'autres partis, d'être affairé à négocier des postes...
K.R
Certains sont contraints de toujours critiquer les uns et de louer les autres, parce qu'ils sont liés à leur parti. J'ai connu cela quand je faisais de la politique.
François Bayrou est libre de dire ce qu'il veut, comme sa conscience le lui demande.ET c'est cela qui est bien. Vive la liberté!
On n'a pas raison systématiquement parce qu'on est de gauche ou de droite.
Mais, cela, tout le monde ne peut pas le comprendre.
Vu l'intérêt pour cette candidature, je crains "le pire".
Le problème de monsieur Bayrou est qu'il critique une fois la droite une fois la gauche.Je ne sais pas le situer mais peut-être qu'il ne le sait pas lui même ??
je l'appreciais beyrou. jusqu'au moment ou il à dit qu'il était pour le droit de vote des étrangers. encore un qui me deçoit.
