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07
déc.
2011
D'ici à juin 2012, Deezer, le site d'écoute de musique créé en 2007, veut changer de dimension en se lançant progressivement dans 200 nouveaux pays. Français d'origine, le site d'écoute de musique en ligne, déjà présent en Belgique, et en Angleterre depuis septembre, fera cependant l'impasse sur les États-Unis et le Japon, deux mastodontes du marché de la musique (25% du marché mondial). «C'était un vrai choix pour nous. Le marché de la musique est trois fois plus important en dehors des États-Unis, Deezer y sera tout seul et les marges y sont meilleures», commente Axel Dauchez, le directeur général du site de streaming depuis près de 2 ans. Un moyen aussi d'éviter une zone très concurrentielle, dominée par iTunes, et de trouver plus facilement un terrain d'entente au niveau mondial avec les majors de la musique pour l'exploitation de leur catalogue musical. «Plutôt que de se concentrer sur un territoire qui ne bouge pas, la rupture la plus importante me paraît être la création d'un service mondial de musique, ce qui n'a jamais existé, estime le dirigeant. iTunes par exemple reste concentré sur 25 pays».
Axel Dauchez, directeur général de Deezer, est l'invité du Buzz Média Orange-Le Figaro.
De 1,4 million d'utilisateurs payants actuellement, Deezer espère donc conquérir «plusieurs millions d'abonnés dans le monde dans les prochaines années, largement et majoritairement hors de France». Pour ce faire, il s'appuiera sur Orange, son partenaire depuis plus d'un an, ainsi que sur des accords avec des opérateurs de télécommunication pays par pays, à l'image de celui signé avec Belgacom en Belgique. Une dizaine d'autres partenariats de ce type devraient être annoncés d'ici janvier. De quoi tenter de réduire la dépendance de Deezer à Orange, principal pourvoyeur d'abonnés payants via ses forfaits mobiles.
Le récent partenariat signé avec Facebook servira également ces ambitions. «Dans 99% des pays, nous sommes la seule plateforme de musique connectée avec Facebook. Ce nous donne un facteur d'émergence gigantesque. On a préféré choisir ce modèle que d'espérer qu'il se passe à l'extérieur ce qui s'est passé en France, qui me parait assez unique». A l'origine totalement gratuit, Deezer France est passé à un modèle semi-payant il y a deux ans pour monétiser son audience. Un passage dans la douleur, qui doit aujourd'hui son succès au partenariat avec Orange. Détenteur de 11% du tour de table du site de streaming audio, l'opérateur français pourrait d'ailleurs être tenté de racheter Deezer. «Ca ferait sens pour eux, admet Axel Dauchez. Mais c'est à eux qu'il faut le demander».
(source : le Figaro )