lun.
12
déc.
2011
De 2001 et 2010, entre 1000 et 1500 femmes de Midi-Pyrénées ont reçu des implants mammaires défectueux PIP, ces prothèses mises en cause dans le décès récent de deux porteuses.
Entre 2001 et 2010, 142 patientes, 116 au centre de lutte contre le cancer Claudius-Regaud, 26 au service de chirurgie plastique de Rangueil, ont reçu à Toulouse des implants PIP. A ces interventions de reconstruction accomplies après un traitement de cancer du sein s'ajoutent les opérations esthétiques, nettement plus nombreuses, et qui portent la cohorte de femmes munies de prothèses suspectes au seuil théorique de 1000 à 1500.
Dès le mois de mars 2010, lorsque l'agence française de sécurité sanitaire et des produits de santé (Afssaps) a retiré les implants PIP du marché en raison de la non-conformité avec les règles médicales du gel silicone utilisé par le fabricant varois, toutes les femmes porteuses de prothèses suspectes après une opération de reconstruction mammaire post-cancéreuse ont été contactées par leurs chirurgiens. Au CHU de Rangueil, le professeur Jean-Pierre Chavoin, chef du service de Chirurgie Plastique et des Brûlés indique ainsi « qu'à ce jour, plus de la moitié des implants PIP que nous avions posés ont été remplacés. Si le nombre de patientes concernées est, chez nous, particulièrement bas, c'est que nous n'avions pas passé de marché avec PIP, un fabricant compétitif du point de vue financier, mais qui ne m'inspirait pas confiance. Nous n'avons utilisé que sa gamme de produits asymétriques », précise le professeur, dont le service est, depuis l'annonce de deux décès suspects, assailli d'appels de femmes qui ignorent, bien souvent, les caractéristiques des prothèses qu'elles ont reçues.
Après le cas d’Edwige Ligonèche, décédée d’une forme rare de cancer, un autre cas de cancer a été notifié à l’agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) chez une femme porteuse de prothèses PIP (Poly Implant Prothèse): il s’agit d’une femme de 54 ans atteinte d’un adénocarcinome du sein, toujours en vie.
Un troisième cas a été signalé par le parquet de Marseille, qui a ouvert une information judiciaire pour homicide involontaire, après le dépôt de plainte de la famille d’une femme du Gers
porteuse de prothèses PIP et décédée d’un cancer. Cependant ce dernier cas n’a pas encore été notifié à l’Afssaps qui ignore de quel type de cancer il s’agit.
Les prothèses de la société varoise Poly Implant Prothèse ont été retirées du marché en mars 2010 car elles étaient défectueuses. Alertée par le taux anormalement élevé de rupture de ces
implants, l’Afssaps a mené des inspections chez le fabricant et découvert que le gel de silicone utilisé pour le remplissage n’était pas conforme aux normes en vigueur pour les prothèses. Ce gel
n’est pas génotoxique, selon l’Afssaps, il n’entraîne pas de mutation des gènes, mais il a un « pouvoir irritant » et provoque des douleurs et des inflammations en cas de fuites et d’accumulation
dans les ganglions de l’aisselle. Quelque 30.000 femmes auraient reçu ces prothèses PIP depuis 2001
A ce jour, l’Agence se refuse à commenter le lien de cause à effet entre ces prothèses PIP et les cas de cancer, faute de données suffisantes. Edwige Ligonèche est décédée des suites d’un lymphome anaplasique à grandes cellules, une forme rare de cancer. Plusieurs cas de lymphome à grandes cellules chez des porteuses d’implants mammaires ont été rapportés à travers le monde, ce qui a conduit la FDA (Agence sanitaire américaine) à s’interroger sur le lien. Le nombre de cas est très faible mais la survenue de ce même cancer, très rare, toujours au même endroit, près de l’implant, pose questionPour l’autre cas notifié, la situation est différente : il s’agit d’un cancer du sein malheureusement assez courant, l’adénocarcinome. Il touche près de 50.000 femmes chaque année et sa prévalence augmente avec l’âge, précise l’Afssaps : les deux tiers de ces cancers du sein surviennent après 50 ans. Les évaluations récentes de la sécurité des implants mammaires n’ont pas mis en évidence de risque accru de cancer, rapporte l’Afssaps.
K.R