ven.
23
déc.
2011
Le principe de précaution aura eu raison. Les femmes porteuses d'implants mammaires de la marque Poly implant prothèse (PIP) se verront proposer un retrait de ceux-ci, a annoncé le ministère de la Santé ce vendredi.
Quelque 30 000 femmes sont concernées par cette mesure en France. Les frais liés à cette explantion seront prises en charge par l'Assurance maladie. S'agissant des femmes relevant de la chirurgie réparatrice, après un cancer du sein notamment, la pose d'une nouvelle prothèse sera entièrement remboursée. Pour celles, en revanche, dont l'opération avait une visée esthétique, et c'est la grande majorité des cas, la pose de ces nouveaux implants sera à la charge des patientes.
"A titre préventif et sans caractère d'urgence", le ministre de la Santé Xavier Bertrand et la secrétaire d'Etat à la Santé Nora Berra "souhaitent que l'explantation des prothèses, même sans signe clinique de détérioration de l'implant, soit proposée aux femmes concernées", indique le ministère dans un communiqué. Les ministres renforcent ainsi les recommandations déjà émises en septembre 2010 par l'Agence des produits de santé (Afssaps).
Les femmes qui refuseront l'explantation devront "bénéficier d'un suivi par échographie mammaire et axillaire tous les 6 mois."Les ministres rappellent également que "toute rupture, toute suspicion de rupture ou de suintement d'une prothèse doit conduire à son explantation ainsi qu'à celle de la seconde prothèse", comme le recommandait déjà l'Afssaps.
Selon les experts de l'INC a l'institut national du cancer, "il n'y a pas à ce jour de risque accru de cancer chez les femmes porteuses de prothèses de marque PIP en comparaison aux autres prothèses". Huit cas de cancers ont été signalés chez des femmes porteuses d'implants mammaires PIP, cependant aucun lien de causalité n'a été établi. "Devant l'absence d'éléments nouveaux concernant le gel non conforme ou de données cliniques nouvelles sur des complications spécifiques, les experts considèrent ne pas disposer de preuves suffisantes pour proposer le retrait systématique de ces implants à titre préventif", a estimé l'expertise collective coordonnée par l'INCa. Néanmoins, souligne le ministère, "les risques bien établis liés à ces prothèses sont les ruptures et le pouvoir irritant du gel pouvant conduire à des réactions inflammatoires, rendant difficile l'explantation". (Source la depeche.fr)
K.R