lun.
23
janv.
2012
Le changement, c'est maintenant. L'espérance, c'est maintenant. La République, c'est maintenant ! » C'est par ces mots de conclusion après 1 heure 25 minutes de discours enflammé que François Hollande, pour son premier grand meeting de campagne, a harangué les quelque 25.000 personnes (selon le PS) venues le soutenir. Les leaders socialistes étaient tous là. Le premier rang était occupé par les candidats à la primaire (Martine Aubry, Ségolène Royal, Arnaud Montebourg, Jean-Michel Baylet et Manuel Valls), mais aussi Lionel Jospin, Laurent Fabius, Pierre Moscovici. Etait aussi présent l'ex-leader communiste, Robert Hue. Et figuraient en bonne place Mazarine Pingeot et des « people » comme Gérard Darmon, Jean-Michel Ribes, Benjamin Biolay et Yannick Noah, qui avait chauffé la salle.
« Présider la France », pour François Hollande, « c'est faire respecter les lois par tous, sans faveurs pour les proches, sans faiblesse pour les puissants », « c'est accueillir les étudiants étrangers », « ne pas inviter les dictateurs en grand apparat à Paris », « c'est montrer l'exemple y compris dans son comportement et pour sa propre rémunération ». Ainsi a-t-il promis que, s'il était élu, les salaires du président de la République et des ministres seraient amputés de 30 %.
« Toute ma vie, je me suis préparé pour cette échéance », a déclaré François Hollande. « L'épopée de la gauche ne peut se réduire à des moments d'exception : 1936, 1981. Je veux inscrire la gauche dans la durée », a-t-il affirmé voulant que la France retrouve le « récit républicain ». Il a ensuite lancé : « Je n'ai pas besoin de changer en permanence pour être moi-même ! », se présentant de plus en plus comme l'antithèse du président sortant. « Je vais vous confier un secret, a-t-il dit. J'aime les gens alors que d'autres sont fascinés par l'argent. » Alors que l'on croyait qu'il allait, enfin, nommer Nicolas Sarkozy, il a lancé : « Mon véritable adversaire n'a pas de nom, pas de visage, pas de parti et ne sera pas élu... et pourtant il gouverne : cet adversaire est le monde de la finance ! » Jugeant que « les banques sauvées par les Etats mangent la main qui les a nourries », il a prôné la séparation des activités de crédit et des activités spéculatives.
François Hollande a réaffirmé ses grandes priorités : éducation et jeunesse, justice avec une grande réforme fiscale, redressement fondé sur un pacte productif et de croissance. Il a maintenu son objectif de parvenir à l'équilibre budgétaire à la fin du mandat et fustigé la politique dispendieuse de la droite. Il s'est également adressé aux classes moyennes et populaires leur assurant qu'il « sera le président de la fin des privilèges » et que « l'argent sera remis à sa place, celui d'un serviteur et non d'un maître ». Après ce discours qui a visiblement galvanisé les militants -ils l'ont acclamé et interrompu à de nombreuses reprises -, François Hollande était hier soir l'invité de TF1. Mais, pour le détail et le chiffrage de ses propositions, il faudra attendre jeudi, jour de présentation de sa « plate-forme » présidentielle.
K.R